Néologismes et détournements, je m’en vais « tonguer » ;-)

Publié le par h2LOÎM

Samedi 29 Avril 2006
Cette fois, malgré l’actualité barbouzarde de l’affaire Clearstream et ses prolongements politico claniques, on va faire dans le léger, clin d’œil à un article paru dans le Monde du 26 avril : « Des mots "total" mode, on va dire ».


Si l’hexagone n’est pas un lieu majeur pour la création de néologismes en vue de lutter contre l’anglicisme, on n’en demeure pas moins inventifs dans la linguistique populaire et/ou médiatique. Emergence naturelle d’expressions inédites qui fleurissent dans les lycées, la rue, ou sur les blogs et les plateaux télé.

Des adjectifs qui se transforment en adverbes ("J'hallucine sévère"), des adverbes qui au contraire "s'adjectivisent" ("Elle est trop"), des substantifs voudraient se conjuguer ("Désolée, l'autre jour, j'ai un peu crisé").

La petite liste commence avec « abracadabrantesque », adjectif inventé par Jacques Chirac en pleine crise de la cassette Méry et les HLM de la Vile de Paris. C’est la formule gagnante au concours de mauvaise fois ;-) « Casher » ou « pas casher », ça vous dit quelque chose ? Correct ou incorrect, d'équerre pas d'équerre, dans la norme ou non, ça prouve au moins que l’antisémitisme est battu dans le vocabulaire.

En pleine société de consommation, l’individualisme français à besoin de « customiser ». Il lui faut personnaliser, décorer pour donner sa propre griffe à ses baskets, sa voiture ou son canapé. Chacun exprime sa singularité comme il peut ! « Point barre », ça suffit, basta, ras-le-bol, on arrête les frais. Si les français n’aiment pas trop les points sur les I et les barres aux T pour la réalité économique, c’est une formule qui fait vite revenir à la ligne, tourner la page. Un cri de rue.

Le mot « souci » est redevenu à la mode. C’est vrai que c’est beaucoup moins angoissant d’avoir de petits soucis que des problèmes. La différence, je ne suis pas certain que cette évolution sémantique ne cache pas une manipulation. Arrête de me « spamer » la vie !, ça doit faire fureur dans les cours de collège. Mon chef de service me « spame » toute la journée, c’est pour la déclinaison au bureau. Le spam (courriel non désiré), qui est en électronique ce qui la publicité gratuite est à notre boite aux lettres, est devenu classique jusqu’à entrer dans le Robert en 2005, et le Larousse en 2006. Ce verbe qui en est dérivé signifie "coller", "péguer", voir "pourrir".

Un petit dernier pour finir : « tonguer ». Pour un week-end de 1er mai, ça tombe sous le sens, d’autant que le soleil brille à Marseille. Traduction, tonguer, c’est vivre en tongs, autrement dit le bon vieux "buller" métamorphosé par l’esprit des 35 h ;-)


Bises, je m’en vais tonguer ;-)

 

publié par Héloïm Sinclair dans: heloim.sinclair
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Commentaires

oh oh tongue. Tu veux parler de Monsieur et Madame Tonga ? On est à Marseille n'est-ce pas ? Alors comment vont-ils appeler leur fils ?


Amédé. A dire avé l'accent. Pour les parisiens qui lisent ton blog faudra que tu te forces un peu à prendre l'accent...


Bon ce soir, Match il me semble.


L'enjeu est de taille. Les autorités marseillaises préfèreraient que l'on perde parce que le défilé sur la canebière avé les travaux....


tarante, bunnys... @+

Commentaire n° 1 posté par: valérie m. le 29/04/2006 - 13:28:08
Nous aussi nous tongons à Paris depuis une semaine....eh oui, il fait beau aussi !
Une Pimprenelle super énervée depuis hier soir à la lecture du mail rédigé par un âne (voir posts précédents) commandité par son patron....AJAX  LAVE PLUS BLANC DE L ARGENT....bizarrement recyclé
Commentaire n° 2 posté par: La Fille du sud Ô Grand Coeur(site web) le 04/05/2006 - 02:46:03

Publié dans perlimpimpin

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barbara 11/06/2006 10:24

Bonjour, je n'arrive plus à accéder à l'administration de mon compte, pouvez vous me communiquer login et mot de passe ? SVP
Merci.
Barbara