Grandir en humanité et devenir pleinement sapiens

Publié le par perlimpimpin

Dimanche 20 Novembre 2005

J’ai passé une excellente semaine avec Patrick Viveret. Enfin, pas lui directement mais ses idées, développées dans un livre salutaire et brillant : «  Pourquoi ça ne va pas plus mal ? ». Coïncidences non fortuites, ces mots poursuivaient et entraient en résonance avec les récents posts, de père truc d’Allemagne, des rencontres d’Averroès, du siècle des vanités à celui de l’humilité…

 

Avec intelligence, Viveret propose un diagnostic inhabituel et pertinent des véritables maux de l’humanité, où l’histoire à la croisée des chemins pourrait voir l’homme précipité dans un monde du pire. A condition de sortir des dogmes hérités du 19ème siècle, Viveret, trace un chemin de possibles pour faire sortir l’humanité de son stade infantile, pour éviter qu’elle ne sorte de la route de l’évolution.

 

Loin du fatalisme ambiant, Viveret nous montre que l’humanité peut se sauver par la lucidité et la prise de conscience des manipulations dont elle fait l’objet. Nous pouvons, individuellement et collectivement, inventer une autre vision du politique, pleinement écologique, citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d’humanité au cœur de sa perspective. Nous pouvons grandir en humanité et devenir pleinement sapiens.

 

L’essentiel des problèmes de l’humanité ne résulte pas d’absence de ressources monétaires ou techniques. Ce n’est pas une question « d’avoir » mais « d’être ». Les deux idéologies des 19ème et 20ème siècles (libéralisme et socialisme) ignorent le désir et l’angoisse, alors que ce sont des paramètres cruciaux qui régissent les sociétés autant que les individus. Leur point aveugle commun, c’est précisément que l’homme n’a pas que des besoins. Cet aveuglement est essentiel pour éclairer ce que cache le couple symétrique de la guerre économique et de la guerre de civilisation. Retenons l’hypothèse qui en résulte : la dépression nerveuse collective dans les sociétés d’abondance. Inadaptées parce que les corps sociaux sont encore organisés autour de la question de la subsistance et du travail, alors que le véritable problème (et la véritable alternative) est celui du pourquoi vivre et du savoir être.

Il est temps de sortir des logiques de peur pour chercher un mieux vivre planétaire. Le grand problème qui nous fait face, c’est de savoir que faire de notre désir et de notre conscience de la mort pour construire un voyage de vie passionnant, sur les plans tant individuel que collectif ?

publié par Héloïm Sinclair dans: heloim.sinclair
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Commentaires

il faudrait que l'humain des pays dévellopés cesse de croire que son bonheur ne passe que par la quantité de biens qu'il possède.
De fait il auto-entretient sa frustration permanente et oublie que son salut ne peut venir que de la reconnaissance des valeurs collectives, qui elles sont inépuisables.
Commentaire n° 1 posté par: sophie le 04/12/2005 - 21:42:46
Difficile de s'arrêter de croire quand la religion du consumérisme substitue (en Europe) ou accompagne (en Amérique du Nord) les religions du livre dans la fabrication de nos valeurs morales.

Aucune religion n'a voulu soustraire l'homme de ses frustrations, bien au contraire... Cela passe par la prise de conscience individuelle, les bonheurs simples, et la rencontre d'altérités humaines et sensuelles.
Commentaire n° 2 posté par: Héloïm le 04/12/2005 - 23:06:03
hyprocrisie totale ou inconscience ?
Commentaire n° 3 posté par: elyanos le 14/12/2005 - 11:16:47
je disais donc avant de faire "ENTER" comme un con ; "hypocrisie totale, inconscience, ou rejet sur les autres ?". Cher heloim (tiens d'ailleurs ce soir tu as interêt de m'expliquer d'où ca vient HELOIM car les recehrches que j'ai faites me font peur ), dire qu'il y a fatalisme ambiant , c'est une chose un peu facile. Perso je connais plein de ges qui vivent avec ce fatalisme (dont moi).Oser dire que l'homme n'est pas que besoin, c'est facile quand on est né dans le bon emisphère. Vas expliquer aux 2 milliards de personnes dont la principal préoccupation quotienne est de trouver de l'eau, et une fois que c'est fait de trouver de quoi manger , qu'ils n'ont pas que des besoins.....
On nettoie nos merdes et nos voitures à l'eau courante pendant ce temps là. Oui, on vit dans des pays bourrés de tunes, oui on est des encules de priviligiés et oui il faut se sentir coupables ou fermer sa gueule sur ce point là.Faire trois repas par jour et laver sa merde à l'eau courante et s'indigner que les gens soient fatalistes me fait bondir.
Je ne vais pas faire de grandes tyrades mais perso le seul moyen que j'ai eu de me regarder en face, et de ne pas vomir à caque fois qu'on exécute des gestes quotidiens aussi annodins, c'est d'accepter le statut d'enculé. Par contre je me refuse à faire l'hypocrite sur ce fatalisme. Le fatalisme ambiant dont tu parles, c'est la résignation et l'acceptation du statut d'encule.
Maintenant si je te dis "arrête de nettoyer ta merde à l'eau courante" et que tu me réponds "mais comment veux tu queje fasse", je te dirais bienvenu dans le fatalisme ambiant.

L'indignation , c'est le xanax de la bonne conscience.
Prendre du recul pour faire l'analyse de nos sociétés, s'indigner de nos comportements, et tirer sur le consumérisme ne doit pas faire oublier que tu es un consommateur lambda, appartenant à ces sociétés que tu dénigres et que la plupart du temps, ca ne te gêne pas.

Voili voilou, ben je dois être de mauvaise humeur aujourd'hui mais ca commencait à me gonfler le côté "c'est vous qui faites n'importe quoi, c'est pas comme ca que faut faire."

Alors pour faire référence à un autre article, cher sapiens, un peu d'humilité et d'acceptation de ta condition d'encule (de pote d'ailleurs ) :-)

elyanos,
un encule faisant un boulot d'encule qui ne sert à rien ,qui vient de piquer une heure de factu à une societe d'encule...etc ,etc




Commentaire n° 4 posté par: elyanos le 14/12/2005 - 11:45:04
Salut yan,

ça fait du bien un peu de réaction aux articles, surtout si cela entraîne un débat. Pour ce qui est "d'héloïm", on en discute quand tu veux autour d'une bierre ou d'une bonne bouteille de vin.

Petit éclaircissement, je ne suis pas dans le fatalisme (ambiant ou pas), et je pense au contraire qu'il y a des pistes pour en sortir. Pour le moins, c'est ce que propose l'article.

C'est peut être facile de dire que l'homme n'est pas que besoins parce que je suis né dans le bon émisphère. Mais en attendant, la société occidentale continue d'être basée sur le paradigme des besoins. Je veux bien accepter que pour 1/3 de la planète il n'est pas question de société d'abondance. Mais pour les 2/3 qui restent on fait quoi ? On accepte que ces 2/3 façonnent une société "d'enculés" par fatalisme, égoïsme et facilité ? N'est il pas possible de dire qu'à occulter le désir et l'angoisse, on fabrique une société anxiogène (guerre économique et de civilisation)avec pour conséquence de plonger un peu plus encore dans le besoin le 1/3 et le 1/4 monde ?

Enfin, l'indignation est peut être le xanax de la bonne conscience, j'en conviens. Mais faudrait il ne jamais s'indigner au prétexte que l'on est un consommateur lambda qui appartient à une société d'enculés ? Et si chemin passait par l'indignation pour gagner la prise de conscience et le changement comportementale ? Sachant que c'est un long chemin qui passe de proche en proche par tout à chacun.

Pour conclure, je ne juge personne et ne suis pas dans la dénonciation facile du "c'est vous qui faites n'importe quoi ...". L'objet de mon article qui se termine par cette question : que faire de notre désir et de notre conscience de la mort pour construire un voyage de vie passionnant ?

Bien à toi, avec toute l'humilité de ma condition ;-)
Commentaire n° 5 posté par: Héloïm le 14/12/2005 - 16:08:58

Trackbacks

Grandir en humanité et devenir pleinement sapiens

Richard, tu trouveras sur le mur du bureau quelques citations en écho à ton article et aux commentaires de tes amis. A mardi ! Pimprenelle!

Tracké le 09/04/2006 - 22:13:08

Publié dans perlimpimpin

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